Groupes de travail « santé mentale » … FO refuse de participer à la destruction de la santé scolaire

Groupes de travail « santé mentale » La FNEC FP-FO refuse de participer à la destruction de la santé scolaire

La FNEC FP-FO ne participera pas aux groupes de travail convoqués par le ministère cette semaine et qui ont pour objectif de mettre en place la contre-réforme issue des assises de la santé scolaire.

Retrouver ici en pdf le communiqué

La FNEC FP-FO ne participera pas aux groupes de travail convoqués par le ministère cette semaine et qui ont pour objectif de mettre en place la contre-réforme issue des assises de la santé scolaire.

Il y a deux jours, une enseignante a été poignardée par un élève de 14 ans dans un collège du Var. Le ministre a déclaré : « il n’y a pas de risque zéro. » Il n’a honte de rien. Son gouvernement détruit les services publics, maltraite la jeunesse et les personnels, supprime des milliers de postes et refuse de répondre aux revendications.

  • Il manque 16 000 postes d’infirmiers dans les écoles et les établissements scolaires pour pouvoir effectuer correctement les
  • En 2026, il y aurait entre 800 et 900 médecins scolaires pour 12 millions d’élèves. Près de 45% des postes ouverts au concours ne sont pas
  • Les postes offerts aux concours de PsyEN sont en diminution constante : moins 30% depuis 2017 !
  • Le service social élèves est lui aussi délabré. Il manque 2 000 assistants sociaux pour couvrir correctement les établissements du 2d degré. Quant au 1er degré, il nécessiterait la création d’un service social dédié avec 1 300 AS.

À l’extérieur des établissements, le manque de professionnels médico-psycho-sociaux empêche les suivis et les prises en charge. Nous ne comptons plus le nombre d’élèves sous traitement psychotropes dans les établissements et les internats. Les cellules d’écoute psychologiques suite à des tentatives de suicide se multiplient.

Pourtant, dans la continuité des mesures issues des « Assises de la Santé scolaire » (boycottées FO), le ministère voudrait nous faire valider :

des projets de protocole en santé mentale 1er et 2d degrés pour pallier le manque de personnels qualifiés, avec les conséquences que cela implique en termes de responsabilités et de risques réels pour les élèves qui pourraient être mal orientés et mal accompagnés.

  • Une instruction de la DGESCO vers l’Agence Régionale de Santé pour une protocolisation des prises en charge des élèves qui devraient « rentrer dans des cases ». Ces logiques procédurales font perdre leur autonomie professionnelle aux personnels de santé C’est la standardisation des réponses apportées au détriment des particularités de chaque situation. Etudier la situation d’un élève demande du temps et des échanges entre professionnels, or nous n’avons ni assez de temps ni assez de personnels.
  • Un projet de changement de la loi sur les plans d’accompagnement personnalisé (PAP)

officialisant l’absence de médecins scolaires.

 

A cela s’ajoutent : le recrutement de référents « santé mentale » non qualifiés, la création de la fonction de PsyEN Conseiller Technique en santé mentale et le regroupement des quatre corps (INFENES, ASS, PsyEN et médecins) sous l’autorité du DASEN, la mutualisation des missions pour compenser la pénurie de personnel et l’extension du champ d’intervention au 1er degré sans les moyens adéquats.

Nous ne voulons pas de cette réforme ! Nous voulons des moyens !

La FNEC FP-FO considère urgente la mobilisation de tous les personnels pour revendiquer les moyens en postes d’infirmières, de médecins, d’assistantes sociales, d’enseignants spécialisés, de PsyEN, de CPE, et des AESH et AED avec de vrais statuts pour permettre de faire face à l’explosion des besoins.

Non au budget de guerre qui rend exsangues l’Éducation nationale et la Fonction publique et pénalise les plus précaires !

Annulation des suppressions de postes !

Ré-abondement de tous les postes supprimés ou redéployés !

 

Montreuil, le 6 février 2026

 

26 02 05 - FO ne participera pas à la destruction de la santé scolaire(1)

Compte-rendu de l’audience au ministère concernant les “assises de la santé scolaire”

La refondation de la santé scolaire à marche forcée

Reçue le 8 décembre par les conseillers du Ministre GEFFRAY, notre fédération a pu constater une nouvelle fois que la mise en œuvre des mesures issues des assises s’effectuait alors même que le cadre national annoncé par le ministère lui-même n’est pas encore adopté ! Ainsi :

➢ Des académies ont autorisé officiellement l’établissement de PAP sans visa du médecin scolaire contrairement au décret le rendant obligatoire

➢ Des académies ont déjà mis en œuvre le pôle départemental bien être santé et protection de l’enfance et commencé en son sein à établir feuilles de route et conventions sans même attendre la nouvelle circulaire de politique éducative sociale et de santé.

➢ Le recrutement des Conseillers techniques référent en santé mentale a commencé dans les départements depuis l’été 2025. Ce qui est constaté c’est la diversité des modalités de recrutement :
o Parfois il s‘agit de titulaires, parfois de contractuels
o Parfois il s‘agit de Psy EN, parfois de psychologues hors EN, parfois de personnels non diplômés en psychologie comme dans les Pyrénées Atlantiques où c’est l’adjointe au maire de Pau, sans aucun diplôme en psychologie, qui a été nommée à ce poste !
o La variété des fiches de postes de cette nouvelle fonction : parfois le Conseiller Technique est sous l’autorité du DASEN, parfois sous l’autorité de la CT Infirmière. Parmi les tâches qui lui sont dévolues nous trouvons « l’animation du réseau des PsyEN EDA EDO sur le sujet de la santé mentale (…) En collaboration étroite avec les autres CT, développement et consolidation des partenariats avec les structures extérieures à l’éducation nationale (…) Participation aux initiatives mises en place dans le cadre de gestion des situations de crise, en particulier les cellules d’écoute ». Donc des missions qui d’une part dépassent largement la question de la santé mentale et qui d ‘autre part interfèrent avec les missions confiées aux directeurs de CIO, aux IEN et IEN IO.

Force est de constater que les raisons mises en avant par notre fédération pour expliquer notre boycott des « Assises » sont hélas pleinement renforcées par les constats du terrain : les pôles départementaux sont l’outil de remise en cause, in fine, de nos statuts et missions dans le cadre national.

Le ministère continue d’organiser des groupes de travail chargés de penser le contenu des nouvelles dispositions. Notre fédération a décidé de ne pas y participer dans la mesure où ces groupes de travail ne constituent pas des lieux de négociation basées sur les revendications des personnels mais se révèlent être uniquement une instance de mise en œuvre de la réforme.

Pire, le ministère a choisi les organisations syndicales pour présenter sa dernière mouture relative au projet de nouvelle circulaire de la politique éducative sociale et santé ! Contrairement aux règles de représentativité qu’il a lui-même fixés, le ministère a choisi de rencontrer uniquement les syndicats dits majoritaires et non ceux dits représentatifs : un déni de démocratie inacceptable.

Le projet de circulaire présenté par le ministère concentre toutes les inquiétudes déjà émises par notre fédération : mention de problématiques prioritaires et donc exclusives de beaucoup d‘autres, disparition des notions d’accueil, d’écoute et d’accompagnement, articulation avec les collectivités territoriales via les COTER (contrat d’objectifs territoriaux) et les CLSM (conseil local de santé mentale) propice à la mutualisation des moyens, mention des missions communes et des missions partagées Quant aux pôles départementaux, la définition des missions de chaque conseiller technique pour établir ce qui relève des missions propres, des missions partagées, des missions communes, indique clairement la volonté, déjà exprimée par le ministère, de mutualiser et de permuter les fonctions comme si les personnels de la santé scolaire étaient interchangeables.

C’est dans ce contexte qu’a été annoncée, la création de 300 postes pour les personnels de santé hors médecins scolaires. En l’absence de tout poste supplémentaire depuis 4 ans, ce projet s’il aboutissait (à confirmer après adoption du PLF 2026) succèderait à des années de disette. Cela dit, ces créations s’inscriraient dans une orientation réaffirmée à moult reprises par le ministère : le déploiement dans le 1er degré considéré comme prioritaire. Rappelons qu’il y a 1 379 circonscriptions regroupant plusieurs écoles pour chacune d’elles. A raison d’une création fictive par département on ne voit pas comment ces créations seraient à mêmes de permettre l’intervention des personnels de santé scolaire dans le 1er si ce n’est au détriment du second degré. Sans oublier :
o la baisse des postes offerts aux concours de PsyEn en diminution constante : 56 postes en moins en 2026/2025, baisse de 30% depuis 2017 !
o la vacance de 40% des postes de médecins scolaires
o des vacances de postes aussi au service social et service infirmier

La « refondation de la santé scolaire » ne répond en rien aux revendications des personnels !
Pire : cette refondation va imposer un cadre contraignant aux personnels en les obligeant à répondre aux injonctions des pôles départementaux eux-mêmes soumis aux diktats des indicateurs de performance inclus dans les feuilles de route.

L’ensemble des syndicats de la FNEC FP FO dénoncent la remise en cause du cadre national des statuts et des missions et revendiquent- comme ils l’ont réaffirmé en congrès fédéral en décembre 2025- :
o Le droit à la visite médical et l’obligation pour le gouvernement d’en assurer l’effectivité
o Le maintien du cadre national des missions et des statuts
o Son opposition aux référents en tout genre (EVARS, Santé mentale…)
o Le recrutement massif des personnels de santé scolaire
o L’abrogation de toutes les mesures issues des « assises de la santé scolaire »

Et rappelle :
o L’urgence de débloquer des moyens en pédopsychiatrie ;
o La nécessité de redonner les moyens à la Sécurité Sociale de financer les déplacements pour tous ceux qui ne peuvent assurer les trajets permettant des consultations aux CMP et autres lieux de soin ;
o La nécessité de redonner les moyens à l’hôpital pour augmenter les places en pédopsychiatrie et en finir avec les listes d’attente.

Retrouvez le communiqué de la FNEC FP FO : Cliquez ICI

 

26-01-13-La-refondation-de-la-Sante-scolaire-a-marche-forcee-1