Jeudi 4 décembre, au Conseil Supérieur de l’Education, la FNEC FP-FO est intervenue pour exiger l’arrêt de l’embrigadement de nos élèves, en particulier à travers les « classes défense » qui pullulent maintenant dans tous les départements. (Retrouvez ici le communiqué et ci-dessous)
Le ministre E. Geffray a répondu :
« Les classes défense ne créent pas une militarisation des esprits. Elles font appel à une destinée commune qui unit tous les français. Cela ne me dérange pas qu’il y ait une relation privilégiée avec des militaires ou des gendarmes qui vivent à côté de l’école ou de l’établissement et qui ont vocation à nous défendre. Le service national permet à des jeunes de se familiariser avec l’armée et de devenir réservistes. C’est une bonne chose. »
Non Monsieur le ministre !
Les personnels et les élèves ne veulent pas de la « destinée commune » que nous réserve un gouvernement qui alimente le budget des armées au détriment de celui de l’Ecole !
Il n’y a pas de « destinée commune » avec un président de la République qui nous appelle à « accepter le risque de perdre nos enfants, de souffrir économiquement. »
Nous refusons la propagande guerrière, nous refusons de nous préparer pour envoyer nos élèves, nos étudiants se faire massacrer !
L’armée hors de nos écoles ! « Abandon des classes défense » !
La FNEC FP-FO s’est adressée aux autres fédérations pour prendre position en ce sens. Elle appelle les personnels à s’opposer cette militarisation de l’Ecole.
Abandon des « classes défense » !
Abandon du Service Militaire « Volontaire » !
De l’argent pour l’Ecole publique, pas pour la guerre !
Abandon de Parcoursup et de Monmaster !
25-12-04-La-guerre-une-destinee-commune-Non-monsieur-le-ministre
» Retrait du guide visant à acculturer nos élèves à la défense ! »
Télécharger ici le communiqué
« Acculturer les jeunes à la défense », tel est le titre du guide adressé par le ministère de l’Éducation nationale « à l’ensemble de la communauté éducative, aux armées et à leurs partenaires engagés dans le développement du lien Armée-Jeunesse et la diffusion de l’esprit de défense ». Après le SNU et les classes « Défense », après le discours du général Mandon nous demandant d’être prêts à sacrifier nos enfants, après l’annonce par Macron du retour du service militaire, un nouveau cran vient d’être franchi.
C’est même un tournant. L’école n’aurait donc plus pour mission d’instruire les élèves, mais de leur inculquer la culture militaire. Tous les personnels de l’Education nationale deviendraient les agents du gouvernement pour relayer la propagande guerrière.
Le guide ministériel explique que « les enjeux de défense et de sécurité globale s’appréhendent en classe ». Rappelant que « 720 000 élèves – 1er et 2nd degré confondus – rencontrent chaque année un corps en uniforme. » Le guide invite, en plus des dispositifs existants comme les classes « Défense », à se saisir des stages de « découverte professionnelle » des classes de troisième et seconde, ainsi que les périodes de formation en milieu professionnel (PFMP) des classes de Bac professionnel et de CAP permettant de proposer « une imprégnation plus immersive ».
Dans le même temps, les propositions de formations à la défense se multiplient à l’attention des professeurs. Ainsi, les professeurs d’Histoire-Géographie de l’académie de Normandie sont-ils invités à des conférences sur des sujets tels que « Le soldat augmenté : peut-on devenir toujours plus performant ? » ou « Manipulation de l’information : la guerre cognitive aura-t-elle lieu ? », animée par un officier de l’état-major des armées.
Autrement dit, la propagande militariste à l’École ne reposerait plus seulement sur le volontariat de tel ou tel personnel, mais n’importe quel personnel pourrait désormais être mis à contribution pour embrigader les élèves à travers l’organisation des stages « découverte professionnelle » au collège, et des PFMP en lycée professionnel.
À Grenoble, le 4 décembre, des lycéens ont empêché la tenue d’un atelier de recrutement de l’armée dans leur établissement.
A Nantes le 8 décembre, des étudiants avec leurs organisations et le soutien de FO, ont manifesté devant la fac de droit pour empêcher la tenue d’une conférence du général Vincent Alexandre, aujourd’hui en charge du service militaire « volontaire » annoncé par Macron.
Ils ont raison ! La propagande militaire n’a pas sa place au sein de l’Université et de nos écoles !
La FNEC FP-FO exige le retrait du guide « Acculturer les jeunes à la défense ». Elle appelle les personnels à se réunir, à prendre position et décider de toutes les initiatives pour empêcher cette destruction de l’Ecole au compte de la guerre et de tous ses profiteurs.
25 12 11 - Acculturer les jeunes à la défense - retrait du guide